Tous aux abris avec les chauves-souris !

Ce week-end nous avons fait la rencontre samedi matin, au Parc Rivière à Bordeaux, de l’association Tous aux Abris. Dans le cadre du budget participatif de la ville, l’association a pu distribuer 200 nichoirs à chauves-souris aux habitants désireux de devenir des hôtes de biodiversité.

Une démarche citoyenne

Animé par l’envie d’agir à son échelle de citoyen, en ville, l’instigateur de cette association conçoit la biodiversité comme une citoyenneté. Son idée, en 2018, consiste tout simplement à recréer en ville des abris de protection pour animaux liminaires menacés (oiseaux, chauves-souris, hérissons, abeilles…). Pour protéger le vivant, il envisage de créer un élan collectif porté par une démarche participative et pédagogique : hérissons, abeilles, chauves-souris ou hirondelles peuvent donc trouver, grâce à eux, plus d’espaces qu’avant pour vivre en ville.

A ce jour, six villes de la métropole Bordelaise ont joué le jeu, et 850 nichoirs à chauves-souris ont été distribuées sur l’ensemble de ces communes. De quoi tisser un réseau citoyen d’hébergement de proximité, avec un échange d’informations utiles pour l’évolution de la situation sur une zone géographique donnée. Comme le rappelle d’ailleurs l’association :

+ le bois choisi pour concevoir les nichoirs est une ressource locale (pin maritime)

+ les abris sont conçus en kit, pour favoriser l’engagement des hôtes dès le montage

+ le sous-traitant est une entreprise adaptée (ESS)

+ le cycle de fabrication est en circuit court (– de 100km)

+ les hôtes s’engagent à renseigner un protocole d’observation

+ une plateforme web a été créée pour recueillir les formulaires des participants

+ les données d’observation collectées seront ouvertes

+ cette plateforme sert aussi de réseau social vertueux

+ Tous aux abris! intervient en appui, en animant divers ateliers ainsi qu’en suivi auprès des utilisateurs de la plateforme et des villes.

De quoi comprendre

Forcément, j’avais embarqué avec moi mes deux moineaux – heureux d’aller se balader dans un Parc que nous ne connaissions pas, mais aussi de placer la journée sous l’aile de Batman (et un peu de la COVID aussi tant ils ont entendu que le virus était sans doute lié à ce petit animal…) !

Ma grande a ainsi pu répondre à un quizz pour en savoir plus sur ces petits mammifères bien utiles pour lutter contre les invasions de moustiques (mais pas forcément les tigres qui piquent surtout en fin d’après-midi), et surtout elle a pu tester leur mode de déplacement (voyez la photo ci-dessous – et non elle ne met pas son doigt dans le nez en comparant avec la température de l’air ambiant !)

Les chauves-souris, équipées de leur sonar (comme les cachalots), ne cessent de s’écho-localiser : le rebond de leurs cris/ultra-sons leur permet de se repérer, mais aussi de percevoir les insectes dont elles vont se régaler – elles savent identifier de minuscules insectes, savoir s’ils sont plutôt durs ou mous… bref, un équipement pointu !

Mais pour les étudier, il faut aussi être bien équipé apprend-on ici ou en réalisant également que l’automne est une saison bien particulière pour elles, oui oui…

Dans la nichoir que nous allons bientôt monter et installer dans le jardin à trois mètres de haut sans obstacle dessous (la bête se laisse chuter sur deux mètres avant de prendre son envol donc il ne faut rien mettre dessous !), elles auront de quoi prendre leurs marques pour le printemps prochain. Attention ! nous a tout de même prévenu le directeur de l’association : seules 10 à 30% des nichoirs sont habitées, alors on va croiser les pouces 🙂

N’hésitez pas à vous renseigner sur des opérations similaires près de chez vous, ou regardez tout simplement sur internet les tuto pour en créer une par vous-même (il faut lui permettre de grimper, mais aussi d’avoir chaud, donc pas hésiter à mettre du brou de noix sur la nichoir). On se tient au courant ?

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