Saisie

Je ne m’attendais pas à un telle précipitation de la vie. En appuyant sur pause, le confinement a provoqué un passage à vide utile, une vacuité propice pour saisir nos fragilités et sonder nos intérieurs.

On dit que la nature a horreur du vide. Se pourrait-il qu’elle nous ait ainsi poussés à interroger le trop plein de nos sociétés, notre rapport au temps, notre incapacité généralisée à savourer, observer, respirer… ?

Pour ma part, j’ai plongé. De chez moi, en moi, avec elle. J’ai questionné ma maison intérieure, j’ai accueilli mes doutes, j’ai accepté mes peurs, j’ai fait le ménage dans mon habitat comme dans mon esprit, et j’ai médité sur le sens de ce qu’il nous a été donné de vivre.

Saisie par un écrin de verdure, j’ai senti germer en moi un printemps que je ne soupçonnais pas, je me suis re-connectée à l’essentiel en faisant table rase des intentions. J’ai compris – viscéralement cette fois-ci – dans le silence, le sens de ce qui compte vraiment.

Cette nature qui a horreur du vide m’a convaincue de sa capacité à le saisir comme l’opportunité du plein, pour mieux reprendre ses droits. En interrogeant ma propre nature, humaine, en questionnant nos capacités à entrer en résilience, à semer et à, finalement, atterrir (comme le dirait si bien Bruno Latour).

Juste toucher terre et guérir.

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